La transformation des sociétés modernes

 

En 1971, le sociologue américain Daniel Bell (Harvard) publiait un livre sur l'avènement de la "société post industrielle". Il constatait chiffres à l'appui ce que plusieurs avaient observé par ailleurs : les pays occidentaux cessaient d'être des pays industriels. Leur société changeait d'autant. Depuis, la part de l'industrie de transformation dans les sociétés modernes est passée sous les 20 %. Cette transformation des sociétés modernes, cause ou effet, n'est pas qu'économique, elle aussi culturelle, sociologique, voire politique.

Pour nombre d'observateurs et d'analystes, la société moderne s'est reconfigurée au point d'être qualifiée de "post moderne" ou, c'est selon, de "surmoderne", "d'hypermoderne", de "modernité avancée".

Quelles sont ces transformations et pourquoi qualifier ce qui en résulte de "post moderne" ? Pour répondre à cette question, nous tâcherons d'abord de préciser ce que l'on entend par modernité et modernisation, puis il nous faudra examiner ce qui a effectivement changé depuis le milieu du siècle dernier. Enfin, l'on se penchera sur la configuration de la société post moderne à travers les débats qu'elle suscite dans le monde du savoir, plus particulièrement dans les sciences sociales. Pour ce faire, l'on effectuera un va-et-vient entre l'Amérique (les États-Unis) et l'Europe, plus spécialement la France et ses penseurs critiques "modernes" (regroupés aux États-Unis sous le vocable "French Theory"), et dont les Américains se sont inspirés pour avancer et démontrer l'idée de la société post moderne.

 

 

Louis DUPONT

Louis Dupont est Professeur des Universités en géographie et aménagement à l'Université Paris Sorbonne.

Il est également Directeur Laboratoire CNRS, EneC et Directeur du Master Culture, Politique, Patrimoine.