Le baron Haussmann est préfet du département de la Seine sous le Second Empire, de 1853 à 1869. Sous son action, Paris se transforme profondément. Nombre de voies nouvelles sont percées, des réseaux d’adduction d’eau et d’égouts sont créés, un mobilier urbain est implanté, des arbres d’alignement sont plantés sur les voies nouvelles, des parcs et squares sont créés dans Paris, les bois de Boulogne et de Vincennes sont aménagés. Surtout les immeubles sont d’un type nouveau : si les façades plates et la monochromie ne dérogent guère aux traditions parisiennes, se généralise l’usage des balcons filants qui unifient chaque immeuble à l’espace urbain. La vision du baron Haussmann et de son souverain Napoléon III, en effet, est de restructurer Paris pour en faire, littéralement, un vaste monument urbain. Pour autant, ces innovations sont loin d’être toutes de l’invention de l’administration d’Haussmann. Le cycle haussmannien commence pratiquement dès la Révolution française, et s’achève avec la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, parler d’haussmannisme revient à regarder cent cinquante années d’architecture et d’urbanisme. 

Le cours exposera les linéaments de l’haussmannisme, ses origines, ses développements, son rayonnement dans d’autres villes de France et dans le monde. Le cours traitera de ses principes urbanistiques, de ses tracés et perspectives, de sa dimension technique, du rapport entre les monuments comme l’opéra de Charles Garnier et l’architecture courante, du rapport entre architecture et végétation. Il montrera, par l’analyse de certains détails sur le terrain, ses fines subtilités architecturales, notamment ce rapport, resté inégalé, entre unité et variété.

Bibliographie
  • Pierre Pinon, Atlas du Paris haussmannien. La Ville en héritage du Second Empire à nos jours, Paris, Parigramme, 2002.
  • Michaël Darin, La Comédie urbaine. Voir la ville autrement, Gollion, In Folio, 2009.

Jean-Baptiste MINNAERT

Né en 1964, Jean-Baptiste Minnaert est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université Paris-Sorbonne. Il préside l’Association d’histoire de l’architecture (AHA).

Spécialisé en histoire de l’architecture et de l’urbanisme du XXe siècle, Jean-Baptiste Minnaert a consacré en 1991 un ouvrage à l’architecte Pierre Barbe (1900-2004), puis sa thèse de doctorat à Henri Sauvage (1873-1932) et a publié trois livres sur l’architecte parisien (The Architectural Drawings of Henri Sauvage, 1994 ; Henri Sauvage, l’exercice du renouvellement, 2002 ; Henri Sauvage le rationaliste, 2011). Il a travaillé aussi sur l’architecture des faubourgs de Paris (Le faubourg Saint-Antoine, architecture et métiers d’art, 1998), sur la ville-satellite d’Héliopolis au Caire, sur l’historiographie de l’architecture et du patrimoine contemporains (Histoires d’architectures en Méditerranée, XIXe-XXe siècles, 2005). Il travaille actuellement sur la périurbanisation à laquelle il a consacré un colloque et des actes publiés (Périurbains, territoires, réseaux et temporalités, 2013) et a parallèlement travaillé sur l’architecture à Tours aux XIXe-XXIe siècle, à laquelle il consacre un ouvrage à paraître (Tours. Métamorphoses d’une ville, 2016).